Une troisième division pour sécuriser l'Hexagone
L'armée de Terre française s'apprête à vivre une transformation structurelle d'envergure. Son chef d’état-major, le général Pierre Schill, a confirmé la création prochaine d'une troisième division, dite « division territoriale ». Cette nouvelle grande unité, principalement constituée de réservistes, viendra s'ajouter aux deux divisions de combat existantes : la 1ère division de Besançon et la 3ème division de Marseille. L'objectif est clair : adapter l'outil de défense nationale à « l'urgence et la radicalité » imposées par le contexte géopolitique actuel, tout en renforçant la protection du territoire national.
La défense opérationnelle du territoire (DOT) au cœur des priorités
Jusqu'à présent, les forces terrestres françaises étaient massivement focalisées sur la projection extérieure et la réactivité au sein de l'OTAN. Toutefois, l'hypothèse d'un engagement majeur en Europe de l'Est oblige l'état-major à repenser la sécurité de l'Hexagone. Selon le général Schill, si la situation extrême obligeait la France à projeter l'ensemble de ses forces d'active sur le flanc Est de l'Alliance, cette troisième division serait mobilisée sur le territoire national pour assurer la protection des infrastructures critiques, des intérêts vitaux et la défense opérationnelle du territoire (DOT).
L'ambition de doubler la réserve d'ici 2030
Cette réorganisation repose entièrement sur la montée en puissance de la réserve opérationnelle, un projet conforté par la Loi de programmation militaire (LPM). L'objectif fixé par le ministère des Armées est d'atteindre le seuil des 80 000 réservistes à l'horizon 2030 (contre un peu moins de 30 000 recensés fin 2025). Le lancement progressif du nouveau Service national à partir de la fin de l'année 2026 doit également participer à la création de cette « masse » de citoyens formés, indispensable pour épauler l'armée d'active.
Être prêt face aux conflits de haute intensité
Cette troisième division s'inscrit dans un calendrier de préparation opérationnelle très strict. L'armée de Terre poursuit sa montée en puissance avec l'objectif de pouvoir projeter une division de combat de 25 000 hommes en seulement trente jours d'ici 2027, puis d'être en mesure de commander un corps d'armée complet de l'OTAN (jusqu'à 60 000 hommes) d'ici 2030. En confiant la garde du territoire national à cette nouvelle division de réserve, la France se donne les moyens de peser lourdement dans la défense collective européenne sans pour autant fragiliser la sécurité de son propre sol.
Un enjeu de cohésion nationale pour l'avenir
Au-delà de l'aspect strictement militaire, cette réforme comporte une forte dimension sociétale. Pour le général Schill, le développement de la réserve opérationnelle et l'ancrage local de cette nouvelle division territoriale permettent de resserrer durablement les liens entre l'armée et la société civile. À l'heure où les menaces globales se diversifient, la résilience de la France ne repose plus uniquement sur ses militaires professionnels, mais sur la capacité de l'ensemble de la nation à faire preuve de cohésion et d'engagement.